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Avant d’être père ou mère, il est bon de connaître une certaine maturité, non seulement sur le plan physique, mais également dans le domaine mental, moral et intellectuel. Les parents sont ainsi parés pour connaître les enjeux de la vie sur terre, pour analyser les difficultés rencontrées et s’en prémunir, devenir de vrais protecteurs. Nous ne concevons pas des enfants pour en faire une proie de toutes les tentations, des victimes innocentes de tous les pièges du chemin. Quels parents normaux souhaiteraient l’alcoolisme, la drogue ou l’incarcération pour l’enfant qu’ils chérissent ? Les perspectives qu’ils envisageaient avant la naissance étaient d’une autre dimension. Mais, il faut cependant raisonner avec le réalisme ambiant. Personne ici-bas ne peut prévoir la destinée de l’un ou de l’autre. Pour beaucoup, que d’espoirs déçus ! Que d’afflictions brisent le cœur ! Ils avaient enfanté pour le meilleur. « Petits enfants, petits soucis ; grands enfants, grands soucis ». Alors, ces personnes éprouvées connaissent dans une moindre mesure la grande souffrance de Dieu.

Dieu, le Père, n’a pas créé un monde pour la guerre, la famine, les larmes et la perdition. Il travaille au rétablissement de toutes choses, disposant de moyens que nous n’avons pas, que nous n’imaginons même pas. Ne pouvant parvenir au relèvement de tous car sa puissance ne peut aller à l’encontre du libre arbitre de chacun, Il délivre miraculeusement ceux qui le souhaitent. Notre manque de confiance, parce que « c’est trop grave », n’est pas un obstacle. La situation désespérée peut-elle mettre un terme à l’action de Celui qui a tout pouvoir sur la mort et sur la vie ? Tant que demeure un souffle chez le blessé du chemin, l’appel à la délivrance peut générer la plus grande des victoires.

– Dieu est un véritable Père rempli de tout l’amour et la grâce nécessaires. En composant les paroles d’un cantique, David écrit : « Il m’a sauvé, parce qu’Il m’aime. » (II Sam. 22/20)

– Jésus est un véritable Sauveur capable de vaincre toutes les puissances dévastatrices. « Il a dépouillé les dominations et les a livrées publiquement en spectacle. » (Col. 2/14-15)

– Le Saint-Esprit est un véritable créateur de vie qui nous place sous sa nuée protectrice. « Vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous… » (Act. 1/8)

Ceci n’est pas de l’optimisme irraisonné, mais la main tendue d’une vérité indiscutable.

Laurent Van de Putte

La multiplication des pains et des poissons peut être mise au compte des faits exceptionnels. Les disciples les ont distribués eux-mêmes. Les résultats du miracle se trouvaient dans leurs mains. Quelle émotion, quels sentiments indescriptibles n’ont-ils pas ressentis !

Il est normal de se complaire dans une telle atmosphère.

Dans une autre circonstance, Pierre ne voulait pas redescendre de la montagne. Voir Jésus transfiguré, métamorphosé, s’entretenir avec Moïse et Elie l’avait propulsé vers un inconnu spirituel si éloigné de nos conditions et de nos expériences terrestres. (Luc 9/28-36).

Et que dire de l’apôtre Paul, « ravi jusqu’au troisième ciel » (II Cor. 12/2) ? Ce serviteur reçut des visions et des révélations, « entendit des paroles ineffables qu’il n’est pas permis à un homme d’exprimer » (II Cor. 2/4).

Quel enthousiasme pour les disciples aux premiers jours de la Pentecôte !

Nous-mêmes, n’avons-nous pas été remués au tréfonds de notre cœur à l’issue d’une réunion intense ou d’une expérience intime ?

Nous aimerions que ces situations se prolongent, ne jamais les quitter, demeurer sur place.

Mais la vie et le service continuent.

Aussitôt, sans permettre le moindre temps d’attente, avant même d’avoir renvoyé les foules (Mat. 14/22), Jésus obligea, dut contraindre ses disciples à monter dans une barque pour rejoindre l’autre rive. Lui-même se retira sur la montagne pour prier. Ils allaient rencontrer la tempête sur le lac de Tibériade.

Tous ces moments déclenchant l’enthousiasme n’accordent pas la moindre place à une euphorie paralysante. Il nous faut constamment affronter les réalités d’ici-bas.

Pierre, Jacques et Jean étaient à peine descendus de la montagne qu’ils durent rencontrer la souffrance en la personne de l’enfant victime de ténèbres occultes. (Mat. 17/14-18).

Nos plus belles expériences ne doivent pas engendrer des regrets, mais nous offrir des souvenirs fortifiant notre foi en Dieu, notre reconnaissance et nos actions de grâces vis-à-vis de sa personne, et nous aider dans la participation à son œuvre avec un dynamisme toujours renouvelé.

Laurent Van de Putte

Un disciple de Jésus lui dit un jour : « Seigneur, enseigne-nous à prier, comme Jean l’a enseigné à ses disciples «  (Luc 11/1).

Combien nous étions maladroits lors de nos premières rencontres avec le Seigneur. Nos prières tenaient plus du balbutiement d’un bébé ou des égarements d’un jeune enfant.

Lorsque celui qui devint l’apôtre Pierre vit dans sa barque la pêche miraculeuse, il tomba aux genoux de Jésus et dit : « Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur. Car l’épouvante l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la pêche qu’ils avaient faite » (Luc 5/8-9). Ce n’était pas tout à fait ce qu’il fallait dire.

Après avoir exposé le drame que vivait son enfant, un père dit à Jésus : « Si tu peux quelque chose, viens à notre secours, aie compassion de nous », et après la réponse encourageante du Seigneur, il ajouta : « Je crois ! Viens au secours de mon incrédulité ! » (Marc 9/22-24).

Malgré les guérisons et les délivrances diverses, les miracles opérés, comme l’eau transformée en vin ou la multiplication des pains et des poissons distribués à la foule, les disciples ne le connaissaient pas encore. Lors de l’histoire de la première tempête apaisée, « ces hommes furent saisis d’étonnement : Quel est celui-ci, disaient-ils, à qui obéissent même les vents et la mer ? (Mat. 8/27).

Et les disciples réunis pour intercéder face au danger qui menaçait l’apôtre Pierre emprisonné : Lorsque délivré par un ange il vint frapper à leur porte, une servante nommée Rhodes reconnut sa voix. « Dans sa joie, au lieu d’ouvrir, elle courut annoncer que Pierre était devant la porte. Ils lui dirent : Tu es folle… Ils ouvrirent et furent étonnés de le voir » (Act. 12/1-16).

Dans nos débuts de vie avec Christ, comme eux, nous ne savions pas bien demander ce qui était dans le plan divin. Qu’en est-il aujourd’hui ? Malgré plusieurs années de vie spirituelle et d’expériences tellement bénies, le poids de nos limitations nous pousse toujours à dire comme ce disciple : « Seigneur, enseigne-nous à prier ».

Ne nous arrive-t-il pas de demander la bénédiction comme si notre Dieu n’avait pas la pleine capacité de l’accorder ? Lorsque nous jugeons humainement et médicalement parlant que telle maladie est plus grave que telle autre, ne donnons-nous pas à notre requête une intensité différente ?

Nos prières sont-elles toujours suivies de l’action qui devrait immanquablement accompagner certaines d’entre elles ? Prier pour le salut sans aller témoigner ? Prier pour un malade esseulé sans aller le visiter quand nous en avons la possibilité ? Prier pour les malheureux en entassant nos superflus qui leur seraient si nécessaires… ?

Seigneur, enseigne-nous à prier !

Laurent Van de Putte

Nous pouvons être émus devant la majesté d’un paysage, un tableau de maître, une photo familiale ou la détresse d’une personne. Cette émotion peut nous serrer le cœur comme dans un étau pendant quelques instants. Mais lorsque la compassion se joint à l’émotion, elle nous impose une urgente nécessité d’entraide. Il y a transposition des problèmes dans notre propre cœur. Nous ressentons la peine éprouvée par la personne, nous souffrons de ses souffrances, ses larmes deviennent nos larmes.

Lors de son court passage sur la terre en tant que Fils de l’Homme, Jésus fut fréquemment ému de compassion ; plusieurs fois devant la foule « languissante et abattue comme des brebis qui n’ont point de berger » (Mat. 9/36), pour la nourrir spirituellement et même miraculeusement lorsqu’elle l’avait suivi depuis trois jours sans manger (Mat. 15/32) ; devant les malades qu’Il guérit, les possédés qu’Il délivra. Il toucha les yeux des aveugles (Mat. 20.34). Sa compassion lui fit poser sa main sur les lépreux, geste impensable à cette époque Marc 1/41). Jusqu’à cette pauvre veuve sans espoir possible ; elle accompagnait son fils au champ du repos. Jésus accomplit ce jour-là un de ses plus grands miracles : « Jeune homme, lève-toi ! Et le mort s’assit, et se mit à parler. Jésus le rendit à sa mère. » (Luc 7/14-15)

Notre compassion pour ceux qui nous entourent doit nous pousser à atteindre les causes. Nous ne sommes pas tous docteurs pour tenter d’endiguer la souffrance, enseignants pour détruire les barrières de l’analphabétisme, politiciens pour étudier des moyens adaptés d’assistance et de protection, mais nous sommes chrétiens, et en tant que chrétiens nous savons pertinemment que la source de bien des maux est le péché qu’une multitude refuse de combattre. A cela, nous voulons nous atteler en apportant en tout lieu le puissant remède de l’Evangile. La compassion décuplera notre énergie. Des idées, des conseils afflueront à notre esprit. Nous prendrons les malheureux par la main afin de les amener aux pieds de Jésus. Nous les aiderons à prier, à lire les Saintes Ecritures, à comprendre les grands enjeux de la vie ici-bas, à diriger leurs regards vers les rives infinies pour que leurs cœurs se remplissent de joie, de courage et d’espérance. Au nom du Seigneur et avec l’aide du Saint-Esprit, nous leur ferons découvrir la vie véritable, celle qui se confond avec une éternité de bonheur et de paix en la présence du Père qui nous aime.

« Comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous de sentiments de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. » (Col. 3/12)

Laurent Van de Putte