Qui doit croître? Qui doit diminuer ?

Pascal COLLET
18 mars 2012

Qui doit croître? Qui doit diminuer ?

Nous lisons dans l’Évangile de Jean, au chapitre trois, les versets 22 à 36.

Qui est la personne la plus importante pour nous ? Pour Jean-Baptiste, cette personne était incontestablement celle de Jésus, tel qu’il l’énonce au verset 30. Cette parole juste est d’autant plus remarquable qu’elle a été prononcée dans un contexte prêtant à la rivalité et à la dispute ; en effet, les disciples de Jésus baptisaient non loin de Jean-Baptiste, et ceus de Jean avaient remarqué que tous allaient à Jésus (v 26). La réponse de Jean élèvera les pensées bien au-delà de ces « bisbilles » (= petites querelles pour un motif futile), en contemplant la personne de Jésus. Qui est-il ? Il est Celui qui vient d’en haut, ou, du ciel (v 31) et qui à ce titre, est au-dessus de tous. Il est Celui à qui Dieu ne donne pas l’Esprit avec mesure (v 34). Il est Celui que le Père aime et à qui Il a remis toutes choses (v 35). Ce témoignage affirme avec netteté la supériorité évidente de la personne et du ministère de Jésus, d’ou la conclusion tirée par Jean-Baptiste : « il faut qu’Il croisse, et que je diminue ». Notons au passage que Jean appartient à une époque qu’on peut qualifier d’intermédiaire, puisqu’avec lui nous sommes au tout début du ministère terrestre de Jésus. Plus tard les apôtres, notamment Paul, exprimeront d’une façon bien plus poussée encore la révélation qu’ils avaient eue de Jésus. Nous pouvons par exemple lire les textes suivants :Philippiens 2/6-11; Colossiens 1/15-20. Cette confession du prophète rappelons-le est en rapport avec une situation pratique exposée ci-dessus.

L’observation pastorale m’amène maintenant à dire que nous agissons quelquefois comme si nous étions le centre. En disant cela, je ne pense pas seulement à des personnes qui auraient un profil à la Diotréphe, dont Jean écrit dans sa troisième épître qu’il aime à être le premier, mais plus spécifiquement à toutes les fois où nous sommes contrariés. En effet, que se passe-t-il alors ? Souvent, il  se produit une « guerre »dans le coeur, et cette guerre au lieu de rester confinée dans notre coeur déborde  alentour, comme une racine d’amertume pousserait des rejetons et produirait du trouble en infectant plusieurs (Héb 12/15). Sommes-nous donc si important pour risquer de contaminer quelqu’un, ou une assemblée, de la troubler, de l’infecter ? Il arrive aussi, que la contrariété nous amène à nous retirer de la communion fraternelle, ou même d’un service. La situation est alors la suivante : quelque chose qui avait été accompli « pour le Seigneur » ne l’est plus ; qui donc est « perdant » ? C’est le Seigneur. Et puis, la contrariété ouvre souvent nos bouches, et ce d’une façon diamétralement opposée à ce que la Bible réclame de nous en Ephésiens 4/31. Nous avons dans cette énumération la réaction typique de l’offensé. Mais le langage du Saint Esprit est clair : toutes les choses nommées doivent disparaître du milieu de nous. Alors, quand elles ne disparaissent pas, mais qu’au contraire elles apparaissent régulièrement, et que quelquefois ce sont les mêmes bouches qui restent fermées pour chanter les louanges de Dieu, proclamer sa grandeur ou témoigner de son amour…De telles réactions prouvent qu’il y a une passion, une motivation, qui quelquefois n’existe pas ou plus pour le Seigneur, mais pour qui est cette passion ? Pour nous-mêmes ! Nous sommes devenus le centre ! Nous sommes tellement important à nos propres yeux que la moindre contrariété nous devient insupportable et produit des réactions si parlantes, et qui disent avec évidence qui est la personne la plus importante pour nous dans les faits. Cet état peut être caché tout le temps que tout le monde est gentil avec nous, serviable, en accord avec ce que nous pensons, ou même nous flattant.

Arrivé à ce stade, j’entends bien « le contrarié » tenté de justifier son attitude : « il m’a offensé… il  n’avait pas à dire cela… Etc. » Peut-être vous tournez-vous vers moi en me prenant à témoin de cette injustice dont vous avez été victime. Et bien, en vous regardant paisiblement, je vous réponds : « et alors ? Est-ce si important ? » Rappelez-vous qui est Jésus. C’est lui qui doit être au centre, toujours. C’est Lui la personne la plus importante. Et puis, le programme divin énoncé par Jean Baptiste ne prévoit-t-il pas aussi notre diminution à nos propres  yeux? «… et que je diminue ». Non pas diminuer pour diminuer , non pas diminuer  parce que nous sommes névrosés, mais dans l’excellente connaissance de la gloire de la personne de Jésus, parce que nous comprenons quel est notre place et que nous voulons lui laisser la Sienne. C’est Lui qui compte, c’est Lui qui est important.