Le Consolateur est l’Esprit de vérité

Pascal COLLET
25 septembre 2011

Le Consolateur est l’Esprit de vérité

Nous lisons dans l’Évangile de Jean, tout d’abord au chapitre 14, les versets 15 à 17, puis au chapitre 16, le verset 13.

Jésus annonce donc le ministère prochain du Saint Esprit, appelé le consolateur et l’Esprit de vérité. Nous avons donc là l’oeuvre du Saint Esprit accompagné de la nature du Saint Esprit. Il n’est pas inutile de rappeler que « consolateur » signifie littéralement « quelqu’un appelé à nos côtés pour secourir » ,d’où les notions d’aide, de conseil, de consolation… Ce texte ne nous indique-t-il pas que tout ce que le Saint Esprit accomplit dans l’être humain est en accord avec sa nature. Ici, le consolateur agit en rapport avec la vérité.

Pourquoi les êtres humains périssent-ils ? La première réponse qui nous vient à l’esprit, c’est qu’il périsse à cause de leurs péchés, eux-mêmes issus de leur nature pécheresse. Cette réponse est vraie quoiqu’incomplète : en effet certains pécheurs ne périssent plus ; ils ont été sauvés. Paul écrit aux Thessaloniciens que les êtres humains périssent pour n’avoir pas reçu (accueilli) l’amour de la vérité. Voilà la raison de la perdition. Le sauveur existe ; il a été donné par Dieu et son nom est Jésus. Il sauve aujourd’hui encore les perdus, ceux qui acceptent la vérité évangélique sur leur état, et le remède divin. Si la vérité nous laisse indifférent, ou si nous lui résistons, alors nous rejetons aussi le consolateur. Il y aura certes des « réconforts » en dehors de la vérité ; mais quelle est leur nature ? Et leur origine ? Ces réconforts ne sont qu’ illusion et mensonges, et ils sont le lot de la perdition comme de » l’autre Évangile ». Les consolations de Dieu sont dans la vérité, et en accord avec elle.

Pourquoi avons-nous, dans la réalité, tant de mal avec la vérité ? Nous devons reconnaître que nous sommes davantage enclins à chercher ce qui nous semble bon ou ce qui nous plaît qu’à nous attacher fortement à la vérité. Il est vrai que l’amour de la vérité bannit toute exagération, toute flatterie, tous moyens pour nous grandir, nous protéger, nous justifier, tout faux-semblant, et aussi tous moyens employés pour avoir raison, je veux dire toutes les raisons invoquées quand nous sommes « pris en défaut ». « Je ne peux pas (prier,témoigner…) ». Comment donc le chrétien lié à Jésus comme le sarment l’est au cep peut-il encore dire qu’il ne peut pas ? « Je n’ai pas le temps ». Et là, souvent, il nous faudrait dire dans la vérité : « je me suis pas motivé », ou encore : « j’ai d’autres priorités » ce qui est moins confortable que de dire : « je ne peux pas » mais qui est plus vrai ! La vérité met à bas les fausses images de Dieu que nous pourrions avoir conçu, ainsi que la bonne opinion que nous pourrions avoir de nous-mêmes, et cela entraîne une certaine souffrance. Il  faut le dire : la vérité nous est souvent douloureuse, et c’est la raison pour laquelle nous avons de la peine avec elle. Mais la souffrance de la vérité n’est pas le mot de la fin , nous y viendrons dans quelques instants. Paul illustre bien ceci ; le croyant en Dieu, Saul de Tarse avait de lui-même une très bonne opinion : Paul la décrira plus tard dans son épître aux Philippiens en écrivant qu’il était irréprochable à l’égard de la justice de la loi. Lisons maintenant dans l’épître aux Romains, au chapitre sept et au verset neuf. Nous n’avons pas ici d’indication chronologique, mais une indication sur le parcours spirituel de Paul. Comment peut-il dire qu’il était autrefois sans loi, puisqu’il a écrit qu’il était irréprochable à l’égard de la justice de la loi ? Pendant toute la première partie de sa vie, la loi a été sa référence, mais son rapport avec elle était faussé. Vint le moment où il en comprit la portée exacte, ce qui pulvérisa l’opinion qu’il avait de lui-même, comme sa connaissance de Dieu pour l’amener au constat suivant : «… moi, je suis charnel, vendu au péché ». (Rom 7/14). Nous avons là l’oeuvre de l’Esprit de vérité, non pas dans le coeur d’un vaurien, d’un brigand, d’un adultère… mais dans le coeur d’un croyant ! Car il s’agit bien des commandements de Dieu : n’est-ce pas un terrain solide ? Mais le coeur tortueux de l’homme se sert même des commandements de Dieu est en fait une arme contre le prochain, ou bien il établit à partir de ceux qui l’ arrangent ses propres normes(« je n’ai ni tué ni volé… »), ou bien il s’en sert pour nourrir sa fierté. Mais voilà l’Esprit de vérité qui amène le croyant comme l’incroyant à la personne de Jésus pour qu’il nous sauve aussi de nous-mêmes. Et après avoir été sauvé ? Eh bien, l’Esprit de vérité continue à agir en nous comme il l’a fait pour l’apôtre Paul. Je cite maintenant dans l’ordre chronologique la connaissance que Paul avait de lui-même par l’oeuvre de l’Esprit de vérité : tout d’abord, il écrit qu’il est le moindre des apôtres (1 Cor 15/9), puis, qu’il est le moindre de tous les saints (Ep3/8), et enfin qu’il est le premier des pécheurs (1Tim 1/15). Ce n’est pas un dépressif qui écrit ces choses, le dépressif se dépréciant ! Ce n’est pas non plus par coquetterie qu’il écrit cela, ni par faiblesse, mais l’Esprit de vérité lui a permis de retrouver sa vraie place par rapport à la merveilleuse et glorieuse  personne de Jésus, son sauveur et Seigneur. A-t-il eu part à l’aide, l’assistance, la consolation du consolateur ? Bien sûr ! Après s’être écrié : « misérable que je suis ! », Il dira : « Grâces soient rendus à Dieu par Jésus-Christ notre seigneur », et bien d’autres confessions, axées sur la personne de Jésus et sur Son oeuvre, qui ont été autant de consolations apportées par le consolateur, faisant suite à l’accueil de l’amour de la vérité et à l’oeuvre de l’Esprit de vérité.

Refusons-nous la douleur de la vérité ? Alors, nous tournons le dos à la consolation du consolateur. La fausse consolation nous fait contourner la vérité ; la vraie nous y attache fortement.

Refuser l’amour de la vérité, c’est aussi choisir un chemin sans douleur, commode, confortable pour le « moi ».

Le consolateur est l’Esprit de vérité.