Clochez-vous des deux côtés?

Pascal COLLET
3 juillet 2011

Clochez-vous des deux côtés?

Nous lisons dans le deuxième livre des Chroniques, au chapitre 15 et aux versets trois et quatre. Il y eut des temps en Israël où il n’y avait donc pas de vrai Dieu ! Quelle chose étrange ! Retrouvons maintenant l’un de ces temps, en allant dans le premier livre des Rois, au chapitre 18, les versets 20 et 21. L’expression employée par le prophète, clocher des deux côtés, sert à imager le fait que les enfants d’Israël ne voulaient pas rompre totalement avec Dieu, mais se laissaient entraîner par d’autres cultes. Ils allaient d’un côté, et ils allaient de l’autre. Cette situation peut être la nôtre : d’un côté une prédication qui nous interpelle, de l’autre, dès le lendemain le train-train habituel ; d’un côté le désir de suivre Jésus, de l’autre l’amour pour le monde ; d’un côté le désire d’être baptisé, de l’autre le refus d’abandonner les idoles ; d’un côté le désir du ciel, de l’autre l’attrait de la terre ; d’un côté les bénédictions de Dieu, de l’autre les affaires de la vie. Cette tentation que nous pouvons appeler la tentation de l’association, est très répandue aujourd’hui, et elle offre quelque chose de rassurant puisqu’on peut toujours dire qu’on abandonne pas formellement Dieu. Mais, dans ce cas de figure, il n’y a plus de vrai Dieu dans nos vies, et pour Israël comme pour nous, le point de vue de Dieu est donné par le prophète Elie. Cette position indécise doit cesser. Une question simple mais essentielle mérite alors d’être posée : Qui est Dieu ? Cette question posée dans une assemblée évangélique pourrait paraître anormale, tant la réponse nous semble évidente. Mais cette question a sa logique bien exprimée par le prophète au verset 21 : celui qui est Dieu mérite tout. À fond pour Dieu !

Aujourd’hui nous n’avons plus de problèmes avec Baal, mais pour autant, quelle concurrence s’exerce ! De multiples choses, éléments, personnes, passions nous sollicitent en rapport avec notre confiance, notre affection et tout ce qui s’ensuit. Mais qui y a-t-il derrière toutes ces sollicitations ? Lisons dans l’Évangile de Matthieu au chapitre quatre, les versets huit à 10. Dans cette confrontation directe et personnelle entre Jésus et le diable, ce dernier se démasque lorsqu’il invite Jésus à l’adorer. C’est donc cela ! Le diable ne supporte pas qu’au vrai Dieu revienne seul l’adoration; il cherche à capter une part de celle-ci, et pour ce faire sollicite les humains par toutes sortes de convoitise afin de les aiguiller vers lui. La concurrence a sa source ici, même si nos circonstances n’ont rien à voir avec la tentation de Jésus. Qui est  Dieu ?

Toujours dans l’Évangile de Matthieu, allons maintenant au chapitre six et au verset neuf. Jésus nous apprend à prier pour que le nom de Dieu soit sanctifié. Lorsque les chrétiens entendent ce mot, il pense spontanément à » se sanctifier », c’est-à-dire à s’éloigner du mal. Mais dans ce texte, il n’est pas question de notre sanctification, puisque c’est la personne de Dieu que nous sommes invités à  sanctifier. Selon l’explication courante donnée ci-dessus, nous aboutirions à une voie sans issue, car comment pourrions-nous sanctifier le Dieu qui est déjà trois fois saint ? Ce texte-là et quelques autres nous ramènent donc au sens premier du mot  sanctifier : mettre à part. Ce que cette prière nous enseigne, c’est donc que nous sommes invités à reconnaître Dieu comme Dieu avec toutes les conséquences logiques. C’est une personne qui doit être traitée pour ce qu’elle est réellement, c’est-à-dire honorée par la distinction que nous lui accorderons en sa qualité de seul vrai Dieu.

Nous sanctifions le Père quand nous faisons du Fils notre sauveur personnel ; en reconnaissant notre besoin de Jésus, nous reconnaissons que le plan de Dieu est parfait, et en honorant le Fils comme sauveur nous honorons le Père qui l’a envoyé. Nous sanctifions Dieu dans le temps que nous consacrons à Sa personne, ceci étant devenu aujourd’hui l’un des plus grands défis. Il faudrait s’interroger sur le paradoxe suivant : bien des éléments de l’existence nous sont proposés pour nous faire gagner du temps, et c’est vrai, et pourtant, nous n’avons jamais eu aussi peu de temps pour Dieu ! C’est que, nous acceptons tant de sollicitations inutiles voire nuisibles, alors effectivement Dieu est déclassé dans notre emploi du temps et nous n’avons plus guère de temps à Lui offrir. Rappelez-vous de la question qui nous fera sortir de l’indécision : qui est Dieu ?

Nous sanctifions Dieu dans le souci que nous avons de Sa volonté. Par exemple en rapport avec le salut des âmes qui nous fait nous soucier de notre prochain, ou encore par rapport au souci qu’Il a  de Son église. Nous sanctifions Dieu au travers du jour du Seigneur, vécu comme les premiers disciples qui ont cessé d’observer le sabbat pour mettre à part le premier jour de la semaine en l’honneur de la résurrection de Jésus. Avez-vous remarqué que le monde commercial propose souvent ses meilleures offres le dimanche ? Il y a donc une rude concurrence ! Nous sanctifions Dieu lorsque nous cherchons à lui être agréables : nous voyons les choses de l’existence avec Son regard, nous aimons et adoptons Ses valeurs qui vont à contre-courant de la bien-pensance actuelle.

Dans les chapitre 18 à 22 du livre du Lévitique, diverses ordonnance touchant à de multiples domaines de l’existence des enfants d’Israël sont données par Dieu. Ce qui est étonnant c’est que presque 30 fois, Dieu rappel avec ces ordonnances qu’il est l’Eternel ou encore qu’Il est l’Eternel leur Dieu. Nous pourrions comprendre ce rappel en rapport avec les 10 commandements, mais ici il s’agit d’ordonnances « mineures » réglant certains aspects de la vie du peuple. L’obéissance à ces ordonnances étaient donc pour Israël  une manière de  sanctifier Dieu, et ce faisant de répondre constamment à la question posée par le prophète : qui est Dieu ?

Soyons clairs avec cette question ; sortons s’il le faut de l’indécision. Avons-nous succombé à la tentation de l’association ? Souhaiterions-nous tout concilier :Dieu et tout le reste ? Choisissons notre Dieu, et allons après lui.